Le Prix Occitanie Médicis distingue chaque année un ou une artiste dans le domaine des arts visuels et lui offre un accompagnement d’exception avec une bourse de création, une résidence de trois mois à l’Académie de France à Rome - Villa Médicis et une exposition au Centre régional d’art contemporain à Sète.
Créé en 2018, le Prix Occitanie - Médicis a pour ambition de révéler, soutenir et promouvoir les talents d’Occitanie sur la scène internationale. Grâce à une étroite collaboration entre la Région Occitanie et l’Académie de France à Rome - Villa Médicis, le lauréat bénéficie d’un accompagnement complet de la création à la diffusion de son travail. Au fil des années, des résidences et des expositions, ce prix contribue à valoriser la vitalité et la diversité de la création contemporaine en Occitanie, tout en offrant un regard ouvert sur les pratiques et les enjeux de la scène artistique.
De la création à la diffusion, un accompagnement d’exception
Une résidence à la Villa Médicis - Rome
Depuis plus de trois siècles, la Villa Médicis – Académie de France à Rome occupe une place singulière dans l’histoire artistique et culturelle française. Fondée en 1666 à l’initiative de Jean-Baptiste Colbert, elle a été conçue pour permettre aux artistes français de séjourner à Rome, au contact de l’art antique, de la Renaissance et de la création italienne.
Installée dans l’ancienne demeure du cardinal Ferdinand de Médicis classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Villa Médicis est devenue au fil des siècles un haut lieu de création. Son histoire est intimement liée à celle de générations d’artistes majeurs parmi lesquels figurent Fragonard, Jacques-Louis David, Berlioz, Bizet, Debussy ou encore Ingres. Plus ancienne résidence d’artistes,
Entrer à la Villa Médicis, c’est rejoindre une histoire artistique qui traverse les siècles. C’est bénéficier d’un lieu reconnu internationalement, d’un environnement exceptionnel et d’un temps dédié à la recherche et à la création.
Le Prix Occitanie Médicis s’inscrit dans cet héritage prestigieux. Il affirme une ambition : révéler les talents, accompagner la création et faire rayonner les artistes d’Occitanie, en leur offrant une reconnaissance et un accompagnement à la hauteur de leur potentiel.
Villa Médicis - Crédits : Daniele Molajoli
Une exposition au Centre régional d’art contemporain - Sète
Installé au bord du Canal Royal à Sète, le Centre régional d’art contemporain – Crac a ouvert ses portes en 1997 dans un ancien entrepôt frigorifique réhabilité par l’architecte Lorenzo Piqueras. Lieu de référence de la scène artistique française, le Crac est un espace d’expérimentation in situ et une caisse de résonance pour les grands enjeux sociétaux contemporains.
Le centre d’art invite des artistes de la scène française et internationale à se confronter à son architecture brute et industrielle et à ses volumes spectaculaires.
Exposer au Crac, c’est ancrer son travail au carrefour des traversées et des imaginaires contemporains. Ouvert sur la Méditerranée, le Crac est naturellement un lieu de dialogue, de passage et d’ouverture qui encourage toutes les formes artistiques nouvelles qui stimulent la création et incarne avec audace les urgences et les récits de notre temps.
Le Prix Occitanie Médicis prolonge cette promesse de dialogue et de confrontation esthétique. En offrant au lauréat ou à la lauréate une exposition au Crac l’année suivant sa résidence, il s’engage dans une trajectoire d’accompagnement d’excellence sur le long terme.
"Leonor", restitution de la résidence De l’impertinence #4, 2025, Crac Occitanie à Sète. Photo : Cécile Mella.
Vous êtes artistes et souhaitez postuler ?
Déposez votre candidature du 19 octobre au 18 décembre 2026 pour une résidence à l’automne 2027. Retrouvez, en suivant le lien ci-après, toutes les informations nécessaires pour préparer votre candidature : conditions d’éligibilité, échéances, pièces à fournir et modalités de dépôts.
Artiste plasticienne et autrice, Nesrine Salem est diplômée de l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier. Son projet de résidence, « 7or », qui signifie libre en dialecte algérien, reprend la thématique forte du deuil.
Dans son court-métrage « What is the residue left from setting a black puddle on fire ? » (Que reste-il après avoir mis le feu à une flaque noire ?) coproduit par Mécènes du Sud, le CNAC Magasin et la Ferme du Buisson, Nesrine SALEM présente le deuil comme une pratique quotidienne et non un objectif à atteindre. Elle y utilise l’anglais. Cette autre langue, que sa langue maternelle, lui permettait de se distancier de ses sentiments, comme Aneta Pavlenko en fait l’étude dans « Emotions and Multilingualism ».
Lors de sa résidence à la Villa Médicis, Nesrine Salem a étudié la culture mortuaire de la Rome Antique : Les rituels funéraires et les constructions destinées aux morts comme la Nécropole de Banditaccia ou la Nécropole de l’Isola Sacra. En Rome Antique, les Mânes désignent les âmes des êtres perdus. Les défunts, “ceux qui habitent en bas”, visiteraient le royaume des vivants à trois moments différents, et à cette occasion, les vivants se devaient de les honorer.
Anna Meschiari : lauréate de l’édition 2024
Anna Meschiari, née en 1987 au Tessin, en Suisse, vit et travaille en Occitanie depuis 2014, date de l’obtention de son diplôme de l’École Supérieure des Arts Appliqués de Vevey. Licenciée en anthropologie (Université Jean Jaurès, Toulouse) en 2024, elle est par ailleurs co-responsable de RIGA (Saint-Pierre-de-Trivisy, Tarn) projet associatif proposant des résidences de création dans le domaine de l’art contemporain.
Son travail prend appui sur du contenu visuel lié au codage – lui-même lié aux archives, à l’architecture ou au textile – qu’elle s’emploie à faire glisser d’un médium à un autre. Ses oeuvres et publications ont été présentées au Centre de la photographie de Genève (2024), au centre de documentation Bob Calle, Carré d’Art - Musée d’art contemporain de Nimes (2023), au Musée départemental du Textile de Labastide-Rouaioux (2023), à la Galerie Mercier & Associés, Paris (2021), au Kunsthaus Zürich (2019), au Museum der Moderne Salzburg (2019) ou encore à la Fondazione Ratti, Côme (2018), au Fotomuseum Winterthur ou à la Biennale de la photographie de Mulhouse (2016). En 2023, elle intègre Documents d’Artistes Occitanie.
Pour sa résidence à la Villa Médicis, Anna Meschiari réactivera la figure de Marta Lonzi (1938-2008) membre, ainsi que sa sœur Carla dans les années 70, à Rome et Milan, de Rivolta Femminile. Architecte, Marta Lonzi réalisait des structures d’installation ainsi que des aménagements d’espaces de vie et de travail. Sa conception de l’architecture, éloge de Francesco Borromini (1599-1667), architecte du détail et de l’empirisme structural, s’appuie, dans sa radicalité, sur les figures du passé, loin de l’idée de tabula rasa, avec prééminence de l’auteur, d’un certain modernisme d’alors. La pensée de Marta Lonzi, à partir des archives consultées sur place, sera au cœur d’une nouvelle création.
Anna Meschiari, Crafted Augmented Reality, vue d’exposition, Fondazione Ratti, Côme, Italie, 2018 – crédits : Anna Meschiari
Née en 1996 à Montpellier, Alice Brygo est diplômée de l’ENSAD en 2019, et du Fresnoy en 2022. Elle développe une pratique à la frontière entre méthode documentaire, cinéma fantastique et installation. Son travail témoigne d’un trouble générationnel face à une époque fragile. Il est traversé par des personnages entre-deux, explore l’imaginaire de la fin du monde et le lien intime et politique que les individus entretiennent aux décors urbains qu’ils investissent.
À la frontière entre réalisme brut et fiction surréaliste, l’artiste fait de ce trouble la matière de contes à l’onirisme crépusculaire. Elle reconstitue et déplace des situations vécues où se joue la rencontre entre personnages issus de différentes communautés pour explorer la manière dont se construisent les croyances et les imaginaires. Elle cherche les brèches, les zones troubles où les mondes isolés se rencontrent, là où les certitudes s’effritent et les rapports de force se révèlent.
En résidence à la Villa Médicis, Alice Brygo a développé un projet de film portant sur le tourisme de masse et le pouvoir de fascination des ruines. À Rome, elle s’est particulièrement intéressée aux travailleur.euses du tourisme, notamment des guides, avec qui elle a réalisé des premiers repérages documentaires. Cette recherche a nourri le début d’écriture d’un film de fiction mêlant réalisme, humour noir, et ambiance fantastique, qui s’appuie sur le tourisme lié aux « mystères » de Rome. Elle a co-écrit ce projet lors de la résidence avec le réalisateur et acteur Gio Ventura.
Montagne Profane - Photomontage issu du projet "Vertiges" - Crédits : Alice Brygo
Photographie de tournage lors de la Résidence de l’artiste Alice Brygo à la Villa Médicis dans le cadre du prix Occitanie Médicis 2023 - Crédits : Paul Lajus
Naomi Maury est née en 1991 à Bédarieux. Elle a étudié à l’école supérieure d’art d’Annecy Alpes. Elle a disposé d’un atelier à l’ADERA Décines, à Lyon. En 2019, elle est partie en résidence en Thaïlande avec le soutien de l’Institut Français et l’ambassade de France. Puis elle a exposé pour la biennale de Lyon à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne. Fin 2020, elle était en résidence en Islande grâce au programme d’Artistes en résidence, l’Ambassade de France en Islande et Nylo Museum. Suite à cette résidence, elle a exposé à L’Assaut de la menuiserie pour sa première exposition personnelle. Dernièrement elle a reçu le prix des Amis du musée des Abattoirs de Toulouse où elle exposait un environnement activable par une performance. En 2022, elle était en résidence au CEMES, CNRS à Toulouse avec des chercheurs en physique et chimie sur la matière, où elle va exposer à la rentrée. Cette même année, elle expose avec Damien Fragnon à Mécènes du sud Montpellier. Elle vit et travaille à Sète.
Les environnements sensoriels immersifs de Naomi Maury s’attachent à interconnecter des éléments de factures diverses et convoquent la figure du cyborg, hybride de machine et d’organisme vivant, qui permet de dépasser les frontières rigides entre vivants et non-vivants, et milite pour une coexistence multi-espèces coopérative et non-discriminatoire. Durant la résidence à la Villa Médicis elle va mener des recherches sur la protection de l’armure des gladiateurs, le soin, les espèces humaines et non humaines abîmées, atrophiées, restreintes, disparues de l’Antiquité. En particulier sur la figure de Valeria Lucunda, une des rares femmes gladiatrices. Son projet intitulé « les cyborgs de l’Antiquité » va lui permettre de s’emparer du passé pour réinventer d’autres possibles laissant une place au soin, et à l’interdépendance vitale inter-espèces. Afin d’engager de nouvelles sculptures exosquelettes et des dessins de symbioses pour un futur film.
Originaire de Béziers, Paul Loubet est un peintre illustrateur passionné par les paysages urbains et dont le travail est un assemblage sans hiérarchie aucune de nombreuses références, à la fois classiques, populaires et sociétales, associé à une volonté de simplification des formes.
Son projet de résidence à la Villa Médicis s’inscrit dans le cadre de ses recherches sur la cartographie et les systèmes de représentation en 2D, autour d’une œuvre mêlant plateau topographique et figurines en plomb semi abstraites et ayant pour point de départ les jeux vidéo de stratégie « Age of Empire » et « Civilization Sid Meier ». Du fait de sa position géographique, son histoire, et son rayonnement, la Villa Médicis est le lieu idéal pour que l’artiste puisse développer son projet. Celui-ci posera un regard anachronique et absurde sur les visions fantasmées de l’histoire des civilisations et notamment sur l’histoire des civilisations antiques dont Rome est l’un des berceaux.
Paul Loubet, "Buenos Air", 2007. Acrylique et huile sur toile, 146 x 97 cm
Franck Jessueld
Paul Loubet, "Six discothèques abandonnées", 2020. Acrylique sur papier, 15 x 30 cm
Franck Jessueld
Paul Loubet, "Ordinateur #1", 2019. Bois, plexyglass et led
Franck Jessueld
Paul Loubet, "La ciudad ideal", 2020. Acrylique sur toile, 200 x 130 cm
Franck Jessueld
Paul Loubet, Vue de l’exposition "Cité Paul Loubet", 2009. La Causa Galeria, Madrid
Noëlle Pujol est artiste et réalisatrice. Née en 1972, elle a grandi dans les Pyrénées à la frontière de la France et de l’Espagne. Après avoir obtenu une Maîtrise d’Histoire des Arts à l’Université de Toulouse le Mirail, elle poursuit ses études à l’École Nationale Supérieure des Beaux- Arts de Paris et au Fresnoy - Studio national des arts contemporains. Noëlle n’a jamais cessé de produire, alternant la réalisation de films et la fabrication d’installation, dans des espaces d’expositions mêlant conjointement la projection vidéo, la photographie et le dessin : Espace Culturel Louis Vuitton, Paris ; Musée du Jeu de Paume, Paris ; Galerie Bischoff/Weiss, Londres ; IAC Villeurbanne, Exposition Universelle d’Aïchi au Japon… Ses films sont projetés dans de nombreux festivals internationaux : FID Marseille, lndielisboa, Doclisboa, Festival International du film de Rome, Duisburg film festival, FICUNAM Mexique…
Dans les projets filmiques qu’elle mène, il y a toujours pour elle la nécessité d’un engagement physique : être sur les lieux, s’en imprégner, se mesurer à eux. Soucieuse du cadre et des images, des lieux et des personnes qu’elle filme, son univers visuel apparemment simple et dépouillé, mêle avec malice et gravité, l’étonnement qui s’ouvre sur le monde. Ses œuvres figurent dans les collections du Centre national des arts plastiques (CNAP). Elle vient de terminer l’écriture du scénario de son premier long métrage de fiction Boum ! Boum ! une fantaisie musicale qui se déroule dans le quartier des Puces de Saint-Ouen.
« Cela fait soixante et onze jours que je vis, je rêve dans La Chambre 24 de la Villa.
Passez la grande Porte de Fer, grimpez cent vingt-cinq marches, c’est la huitième porte perchée sur la coursive, face au palmier trapéziste au long cou. Le dix-sept décembre, à partir de dix-huit heures, soit quarante-huit années après mon premier jour, j’y exposerai mes objets de fouilles, notes, photos, dessins, enquêtes irrésolues et tâtonnantes, bref un chantier cinéma.
Avec Mademoiselle Pujol-Vernet, Horace Vernet, Jean Despujols, Lola Braccini, le Marquis de Sade, Georges Braque, Klaus Theweleit, Juliet Berto, Patrick Boucheron, les Apaches de Saint-Ouen, Marco Ferreri et ses amis… »
Telle est l’invitation, extrait d’un récit en miniature dans lequel on peut lire la description d’une expérience, qui m’a donné l’opportunité de travailler et de m’immerger au cœur de l’histoire de La Chambre 24 et celle de mon film en cours « Boum ! Boum ! » sans oublier la Piazza del Popolo.
Portrait de Jean Despujols, Huile sur carton, Villa Médicis, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
Juliet et le palmier trapéziste, Villa Médicis, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
Carole André, Salon des Pensionnaires, Villa Médicis, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
La Chambre 24, Villa Médicis, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
Piazza del Popolo, Rome, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
Chanson extraite du scénario Boum ! Boum ! de Noëlle Pujol, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
Scénario Boum ! Boum ! de Noëlle Pujol, extrait avec dessin préparatoire, 2020 - Crédit : Noëlle Pujol
Antoine Renard : lauréat de l’édition 2019 – Exposition au CRAC 2021
Antoine Renard est né en 1984 à Paris. Il est diplômé de l’École des beaux-arts de Dijon en 2008. Il vit à Berlin entre 2008 et 2017 où il codirige l’espace indépendant Center. Depuis 2017 il travaille entre Paris et Lourdes, où il a grandi. Son travail a été montré au Palais de Tokyo dans l’exposition collective Futur, ancien, fugitif en 2019. La galerie Nathalie Obadia lui a consacré une exposition personnelle en 2021.
En 2020, il est lauréat de la bourse doctorale SACRe PSL avec l’École des Beaux-Arts de Paris, où il prépare une thèse sur les matérialités du parfum et l’olfaction comme champ étendu de la sculpture, avec Pascal Rousseau comme directeur de thèse. Antoine Renard est représenté par la galerie Nathalie Obadia à Paris.
L’exposition Pharmakon organisée au CRAC Occitanie du 08/10/2021 au 06/02/2022 a présenté les nouvelles productions d’Antoine Renard réalisées suite à sa résidence à la Villa Médicis en 2019, dans le cadre du Prix Occitanie - Médicis. À Rome, il a pu mener différentes recherches autour du parfum, conçu comme support de la psyché, de la mémoire et de l’identité. Puisant dans l’héritage culturel de Rome et de la Méditerranée, Antoine Renard s’est appuyé sur les cultures antiques et chrétiennes qui ont une large expérience du parfum dans la relation à la mystique, au corps et à la guérison. Cette recherche en Italie a été précédée de plusieurs séjours en Amazonie péruvienne entre 2018 et 2020, au cours desquels Antoine Renard a étudié différents rituels de guérison, pratiqués sur de jeunes adolescents et adultes affectés par des addictions sévères. Dans ce cadre, Antoine Renard découvre l’importance des parfums dans ces thérapies, notamment avec les Perfumeros, guérisseurs qui développent des pratiques de soins olfactives. Depuis plus d’une dizaine d’années, Antoine Renard développe un travail de sculpture, d’installation ou de vidéo, dans lequel il convie ce qui est dans l’ombre, tapi dans les recoins du subconscient, où il désosse et met à plat les mécanismes de peur et d’angoisse qui irriguent parfois notre rapport au réel jusqu’à la transgression.
S’il convie des technologies de pointe et des imageries numériques high tech, c’est souvent pour les frelater, les tordre dans leur usage, pousser à bout le potentiel d’erreur et les déviances de la machine. Pour l’exposition au Crac Occitanie, Antoine Renard présente un ensemble d’œuvres conçues à partir de prélèvements de matières premières et d’observations empiriques, effectués lors de ses recherches. Traitées selon des procédés techno-chimiques, ces matières sont interprétées et reformulées sous forme de vidéos, de sons, de sculptures et d’odeurs. Créant un environnement poreux où des éléments chimiques, numériques et psychiques se confondent, l’artiste ouvre des pistes de dialogue entre des courants de pensées qui lui sont chers, tels que le végétalisme, la théologie mystique, le structuralisme et la logique scientifique.
Exposition « Pharmakon », Antoine Renard, Crac Occitanie Sète 2021. « The large Crypto-Parmacopoeia Archive Project », 2018-2021. Production Crac Occitanie / Soutien du Cnap - Aurélien Mole
Exposition « Pharmakon », Antoine Renard, Crac Occitanie Sète 2021. Détail « Solal XX », 2021. Production Crac Occitanie - Aurélien Mole
Exposition « Pharmakon », Antoine Renard, Crac Occitanie Sète 2021. Détail « Sans Titre » (Olfa-Architecture_CRACSETE_01), 2021. Production Crac Occitanie - Aurélien Mole
Abdelkader Benchamma : lauréat de l’édition 2018 – Exposition au CRAC 2020
Depuis une dizaine d’années, Abdelkader Benchamma s’est fait connaitre en développant une pratique virtuose du dessin, dans une conception élargie qui se déploie à l’échelle des lieux qui l’accueillent. Inspirés autant par la littérature et l’astrophysique que par la philosophie et l’ésotérisme, les dessins d’Abdelkader Benchamma donnent formes à l’informel, créant le doute sur la réalité de nos perceptions. Des univers instables, faits de tourbillons, de collisions et de sédimentation, évoquent tour à tour un vortex, une grotte en transformation ou un cosmos que l’on tenterait de déchiffrer à la manière d’un test de Rorschach. L’exposition devient le terrain de matières en tension, empruntant au champ de la physique son lexique et son réseau de forces : mouvement, conflit, résolution, évaporation, solidification, disparition.
L’exposition qui lui a été consacrée au Mrac 23 novembre 2019 au 20 septembre 2020 intitulée "Fata Bromosa", (littéralement Fée des brumes) renvoie de manière lacunaire à ce brouillage de la perception cher à Fra Angelico. Le terme évoque un phénomène optique observé par les navigateurs au Moyen-Âge et se matérialise par une superposition de mirages qui donne l’impression d’un brouillard aux bords lumineux. Les images observées sont ainsi amplifiées et déformées de manière spectaculaire, des formes étranges deviennent perceptibles au niveau de l’horizon.
Abdelkader Benchamma, ’’Fata Bromosa’’, vue de l’exposition au Mrac, Sérignan, 2019. Photographie Aurélien Mole
Abdelkader Benchamma, ’’Fata Bromosa’’, vue de l’exposition au Mrac, Sérignan, 2019. Photographie Aurélien Mole
Abdelkader Benchamma, ’’Fata Bromosa’’, vue de l’exposition au Mrac, Sérignan, 2019. Photographie Aurélien Mole
Abdelkader Benchamma, ’’Fata Bromosa’’, vue de l’exposition au Mrac, Sérignan, 2019. Photographie Aurélien Mole
Abdelkader Benchamma, ’’Fata Bromosa’’, vue de l’exposition au Mrac, Sérignan, 2019. Photographie Aurélien Mole
Abdelkader Benchamma : lauréat de l’édition 2018 – Exposition au CRAC 2020