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Olivia Ruiz : « Je suis inspirée par ma région natale »

Petite-fille de réfugiés espagnols, la chanteuse audoise revendique ses racines méditerranéennes dans son travail de création.

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Dans votre dernier album, À nos corps-aimants, la femme est au coeur de vos chansons. Est-ce que vous vous définiriez comme féministe ?

Olivia Ruiz : Si la définition du féminisme est de vouloir l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, alors, oui je suis féministe. Mais je me reconnais moins dans les « chiennes de garde » ou les Femen, même si je respecte leur combat. Je suis plutôt du côté de celles qui veulent, à leur niveau, être actrice du monde dans lequel elles vivent.

Pour quelles raisons avez-vous choisi Ruiz comme nom de scène ?

O. R. : Ruiz est le nom de ma grand-mère maternelle, qui comptait beaucoup pour moi. Les Ruiz, ce sont des militants. De ceux qui étaient prêts à aller jusqu’au bout pour leurs idées. Ce nom, je l’ai choisi en hommage à leurs souffrances dues au déracinement.

Justement, vous faites partie de la première génération à vouloir retracer l’histoire de votre famille…

O. R. : Oui, mes parents étaient moins obsédés que mon frère (l’artiste Toan) et moi-même par l’histoire de notre famille qui a fui le franquisme pour venir trouver refuge à Marseillette dans l’Aude. C’est un traumatisme qu’une partie de mes proches n’a jamais dépassé. Ils ont préféré oublier et se faire tout petit pour correspondre à ce qu’ils s’imaginaient qu’on attendait d’eux en France.

Le Sud fait partie de mon histoire, de mon ADN

Quelle place vos racines méditerranéennes occupent-elles dans votre travail de création ?

O. R. : Une place énorme. Je suis inspirée par ma région : je suis née à Carcassonne, j’ai grandi à Marseillette, puis à Narbonne, ensuite j’ai étudié à Montpellier. J’ai écumé toutes les petites salles de concert de Nîmes à Perpignan. Le Sud fait partie de mon histoire, de mon ADN.

Le retour aux sources est-il important pour vous ?

O. R. : Absolument ! Ici, dans mon Sud natal, je me sens en confiance. Je vis à Paris depuis seize ans mais je ne serai jamais vraiment Parisienne. Quand le train passe Nîmes, je commence à frétiller. Plus ça va, plus j’ai envie de quitter la capitale et de rentrer m’installer ici. Pas forcément dans l’Aude… Un de mes grands rêves, c’est une maison au pied du Pic Saint Loup, avec un potager et un grand jardin pour que Nino, mon fils de 2 ans puisse courir.

Quel est votre meilleur souvenir de concert ?

O. R. : Probablement, la première fois que j’ai chanté au festival de Carcassonne, en 2013. J’avais beaucoup d’émotion. Je crois que je n’ai jamais autant pleuré lors d’un concert. Ce soir-là, plein de souvenirs sont revenus. Quand j’étais ado, je participais chaque été au spectacle médiéval de la Cité. C’était le lieu de mes premiers pas sur scène comme danseuse et comédienne.