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Lionnel Astier : « Les Cévennes, ce sont mes racines »

Découvert par le grand public dans Kaamelott la série télé créée par son fils Alexandre, le comédien Lionnel Astier, originaire d’Alès, est l’auteur du spectacle « La nuit des camisards » qui emmène chaque été les spectateurs au cœur des Cévennes gardoises et lozériennes.

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Crédits : Laurent Boutonnet

Vous êtes originaire de la Région…
Lionnel Astier : Oui, je suis né à Alès mais toute ma famille est lozérienne. Originaire de Saint-Julien-d’Arpaon du côté de ma mère et de Châteauneuf de Randon du côté de mon père. Ma mère vit toujours à Alès, j’ai de la famille à Florac, des amis…

Vos racines cévenoles sont-elles importantes pour vous ?
L. A. : À 17 ans, quand j’étais au lycée Jean-Baptiste Dumas, Alès me paraissait être un endroit terrible. Je me disais qu’ici, je ne ferai rien. Mais aujourd’hui, c’est bon d’y revenir. Je m’y sens bien, je recharge mes batteries. Je suis souvent en Lozère, aussi. C’est un endroit grandiose, les Causses, l’Aubrac… les derniers grands espaces. Et puis, les Cévennes, bien sûr. Mes racines sont là. Ces montagnes m’inspirent, peut-être parce qu’elles ont été le théâtre d’une révolte unique en son genre, un combat pour la liberté de conscience.

Justement, vous êtes l’auteur du spectacle « La nuit des camisards », qui évoque un épisode de la guerre des Cévennes…
L. A. : La pièce se situe en 1702, sous Louis XIV, à l’époque où les huguenots (protestants, ndlr) cévenols, forcés d’abjurer leur foi, revendiquent leur liberté de culte et se révoltent. Treize acteurs et vingt figurants racontent la passion et la fièvre mystique qui embrasèrent alors les Cévennes. C’est un spectacle conçu pour la forêt. Un théâtre issu de mes racines, à la fois culturel, festif et citoyen. Pour moi, le théâtre est l’autre dernier grand espace… de liberté, de partage, de rassemblement, de parole, le tout à hauteur d’homme… des notions précieuses pour moi.

Vous dites que c’est une pièce historique mais d’une actualité brûlante…
L. A. : Aujourd’hui, on est en plein dans la violence religieuse. C’est l’une des principales raisons de conflits dans le monde. Le théâtre est du côté de toutes les résistances, de tous les combats pour toutes les libertés, de corps comme d’esprit. J’ai été sensible à la révolte des Camisards très jeune. Elle m’a souvent aidé à comprendre les autres révoltes.

Comment l’idée de devenir comédien vous est-elle venue ?
L. A. : Je ne sais pas. Je n’étais pas destiné à un métier artistique. Mon père était mineur. Il est mort quand j’avais 10 ans, suivi de près par mes deux grands-pères. Ça a été un grand bouleversement. À 12 ans, j’ai dit à ma mère que je voulais devenir scénariste. Je pensais réécrire le scénario d’une vie qui ne me convenait pas. C’était une manière de deuil. Aujourd’hui, il y a quelque chose qui ne faiblit pas, c’est l’amour de ce métier. Je ne me lasse pas de faire l’acteur. Au moins, je ne me suis pas planté sur ce point.

Le grand public vous a découvert dans Kaamelott, la série créé par votre fils Alexandre Astier. Vous êtes fier de lui ?
L. A. : Bien sûr. De lui comme de Simon, son frère qui est aussi acteur, auteur et réalisateur. Ce sont des gros bosseurs. Mais je n’ai pas attendu qu’ils fassent de la télé pour être fier d’eux. Je les admire depuis beaucoup, beaucoup plus longtemps.

Quels sont vos projets ?
L. A. : Je suis en tournage, pour France 2, des trois nouveaux épisodes de la série policière Alex Hugo avec Samuel Le Bihan. Côté cinéma, le tournage du long-métrage de Kaamelott est en préparation. Enfin, en janvier 2018, je serai au théâtre à Paris dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau.

En savoir plus

La nuit des camisards, du 25 juillet au 8 août, dans le Gard et en Lozère.
Retrouvez le détail de ces dates sur le site www.lanuitdescamisards.fr