Communiqués de presse

LGV Toulouse-Bordeaux-Dax : « Recours à un PPP : choix perdant et mépris de la population »

À la suite des propositions de Dominique Bussereau dans Sud-Ouest et dans l’attente des conclusions du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) et de la future loi cadre en février, Carole Delga réagit :

« La Ligne Nouvelle du Sud-Ouest est un chantier ferroviaire indispensable pour l’avenir des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, de notre pays et plus largement de l’Europe et de sa péninsule ibérique. Et Toulouse, 3ème ville de France et capitale mondiale de l’aéronautique, ne peut rester plus longtemps exclue de la grande vitesse ferroviaire.

Nos territoires pâtissent, depuis 50 ans, d’un sous-investissement chronique de l’Etat dans les infrastructures de transports. Le constat est sans appel : aujourd’hui, 60% des habitants de notre pays qui vivent à plus de 4h de Paris, sont concentrés en Occitanie. Nos populations ne peuvent être constamment les déconsidérés et les relégués de la République. Je continuerai à me battre : ce qui est possible dans les années à venir pour le Grand Paris (40 milliards d’euros programmés dans le réseau de transports) doit l’être pour l’Occitanie et le Grand Sud-Ouest (14 milliards d’euros) ! Les colères populaires se nourrissent de l’injustice sociale et territoriale.

Aussi je demande au plus haut sommet de l’Etat de la constance et de la responsabilité : la Ligne Nouvelle n’est pas une variable d’ajustement comptable, soumise aux « stop and go » des différents gouvernements. Je rappelle que les travaux ont commencé depuis plus de 18 mois : 2,5 milliards d’euros ont déjà été engagés et plus de 180 marchés de travaux sont attribués au nord de Toulouse et au sud de Bordeaux. On ne met pas à l’arrêt un projet de cette ampleur par une vision court-termiste et purement comptable.

Opposer à ce chantier structurant l’argument des contraintes budgétaires pour justifier un partenariat public-privé (PPP) est un non-sens. Le recours à un partenariat public-privé pour la LGV Toulouse–Bordeaux-Dax se traduirait par un surcoût faramineux de 7,3 Mds€ pour l’Etat et les collectivités, tout en retardant sa mise en service de plusieurs années.

Depuis longtemps, les partenaires de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest ont fait, eux, le choix de la responsabilité et du bon usage de l’argent public. Le financement du projet est sécurisé, planifié et lissé sur 40 ans. La part de l’État, fixée à 40% du coût total, représente un investissement d’avenir d’environ 166 M€ par an, soit seulement 0,03% de son budget annuel.

Par ailleurs, le rapport remis au Gouvernement par Dominique Bussereau en juillet 2025, identifie, suite à nos travaux communs, de nouvelles ressources financières, comme les recettes issues des péages autoroutiers ou les quotas carbones européens applicables au transport routier à partir de 2027. Le financement public est donc non seulement soutenable, mais rationnel et économique, contrairement au partenariat public-privé qui générerait un surcoût massif.

Les collectivités tiennent leurs engagements financiers, d’un niveau inédit (40%) dans l’histoire de la construction et du financement des lignes à grand vitesse en France (0% pour les premières LGV Paris-Lyon, Paris-Lille, Paris-Marseille et 30% pour le dernier chantier Tours-Bordeaux), et elles continueront à le faire. Je rappelle que nos collectivités d’Occitanie ont financé 300 M€ pour que la LGV arrive à Bordeaux en 2017.

Nous attendons désormais que l’État tienne sa parole et respecte les choix actés collectivement et de longue date. Reculer sur ce projet serait une faute politique et climatique majeure. »

Les éléments comparatifs et techniques entre les différents scénarii de portage financiers sont présentés, en toute transparence, lors d’une conférence de presse ce jour à partir de 10h (accessible en visioconférence ou à Régions de France, 1 quai de Grenelle, 75015 Paris).

Un projet indispensable et plébiscité

La LGV Toulouse–Bordeaux est attendue par des millions de Français et d’Espagnols pour transformer concrètement leur quotidien et leur mobilité longue distance. 78% des Français en approuvent la réalisation, tout comme près de 90% des habitants du Sud-Ouest. Cette nouvelle ligne est indispensable pour doubler les capacités ferroviaires aujourd’hui saturées, pour permettre le développement des TER, des Intercités, des trains de nuit et des TGV, pour mettre en service les RER métropolitains de Toulouse et Bordeaux, pour réduire les temps de parcours (+ d’1h gagnée entre Paris-Toulouse et Toulouse-Bordeaux) et pour relier efficacement la France à la Péninsule ibérique.