Mois de l’égalité femmes-hommes en Occitanie 99 & 1 portraits pour l’Egalité femme / homme : interview de Lisa

Publié par : Maison de la Région à Montauban

Les Montalbanaises prennent la parole !
A travers ce projet, l’association d’influence positive « Myself », emmenée par Meryem Kaf et accompagnée de Johana Cavel, artiste photographe, rendent hommage à toutes les femmes de Montauban, ville d’Olympe de Gouges, l’une des premières féministes françaises.
A l’affiche aujourd’hui, Lisa, 45 ans,
Profession : Cadre commerciale / boxeuse amatrice
Montalbanaise d’adoption

« Il faut encourager la nomination des femmes à la tête de clubs sportifs pour leurs compétences »


Johanna Cavel

3 questions à Lisa

Peut-on assimiler l’inégalité salariale entre femme et homme à une violence économique ?

J’ai l’impression de devoir fournir un double effort pour être sur le même pied d’égalité qu’un collègue et être reconnue à ma juste valeur dans le milieu professionnel. La parité n’est pas respectée. Il y a moins de femmes dans les postes clés ou les postes de décision. Si on arrive au moins à avoir une parité par rapport à ces fonctions, cela pourrait probablement faire bouger les lignes. Mais je reste sceptique.
On devrait peut-être passer par les quotas pour changer les mentalités. Ce n’est pas la meilleure solution mais, sans doute, c’est une solution pratique. Dans un monde idéal, cela devrait se faire naturellement, mais on en est tellement loin que j’ai peur que si on ne force pas les choses, on n’y arrivera pas.

La femme est sans doute complémentaire de l’homme, mais qu’en est-il de cette cohabitation dans le milieu professionnel ?

Il y a un énorme déséquilibre. J’ai été confronté à cela durant mon parcours professionnel. Lors de mon premier entretien d’embauche, je n’avais pas d’enfants, et on ne m’a pas embauché parce que je risquais d’en avoir. Quelques années plus tard, j’avais eu mon premier enfant et je voulais changer d’entreprise, mais l’on craignait que je veuille en avoir un deuxième.
Quand je dois m’absenter pour cause de maladie de l’un de mes enfants, c’est souvent interprété comme de la désorganisation. En revanche, un collègue qui s’absente pour récupérer son enfant malade, c’est le héros du jour, le papa exemplaire !

Et dans le milieu du sport ? La boxe par exemple ?

Les inégalités dans le sport ou la distinction entre « sports de filles » et « sports de garçons » sont des contraintes que l’on s’impose à soi-même. Il y a sans doute le jugement des autres, mais cela ne changera que par l’éducation.
La télévision et les réseaux sociaux ne renvoient pas la meilleure image de la femme et les jeunes filles, en y adhérant, acceptent l’image qu’on leur renvoie. Il faut une vraie prise de conscience chez les jeunes générations, filles et garçons.
Il y a aussi la responsabilité des pédagogues, des enseignants et autres. En somme, il faut arrêter de mettre les enfants dans des cases afin de permettre, par exemple, au petit garçon de faire de la danse s’il en a envie, et à la fille de jouer au foot, sans jugement.
Il faut aussi encourager la nomination des femmes à la tête de clubs sportifs pour leurs compétences et non pas pour faire de la figuration.

Crédit photo : Johanna Cavel
Projet mené par Meryem Kaf
Propos recueillis par Meryem Kaf