Mois de l’égalité femmes-hommes en Occitanie 99 & 1 portraits pour l’Egalité femme / homme. Marie Gouze, comme un air de liberté !

Publié par : Maison de la Région à Montauban

A travers ce projet, l’association d’influence positive "Myself", emmenée par Meryem Kaf et accompagnée de Johana Cavel, artiste photographe, rendent hommage à toutes les femmes de Montauban, ville d’Olympe de Gouges, l’une des premières féministes françaises.

8 mars : Journée internationale des droits des femmes !

Marie-Olympe de Gouges : "Femme, éveille-toi… Reconnais tes droits"

La ville de Montauban ne peut être dissociée du nom de celle qui a initié tout un mouvement à travers l’hexagone. Marie Gouze en l’occurrence, dite Marie-Olympe de Gouges, est une figure de proue du féminisme français, à une époque où la femme n’avait pas droit de cité.

Née le 7 mai 1748 à Montauban, Marie Gouze plonge, à un très jeune âge, dans la littérature. A Paris, elle découvre le théâtre et les lettres. En avance sur son époque, elle défend ses principes avec conviction et sans modération aucune, prônant l’émancipation de la femme et l’égalité entre les deux sexes. Des termes jusque-là peu connus et rarement utilisés dans la France de l’époque, où la femme n’avait pas le droit de vote et, encore moins, l’accès aux institutions publiques et aux libertés professionnelles.

Le combat de Marie prendra de l’ampleur avec la Révolution qui secouait le pays. Après l’adoption à l’Assemblée Nationale, en 1789, de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle clamera l’injustice et proclamera : "Femme, éveille-toi… Reconnais tes droits".

En 1791, elle publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne sur un ton révolutionnaire. Le préambule du texte dédié à la reine Marie-Antoinette, l’implorant de défendre jusqu’au bout le "sexe malheureux", est considéré comme une provocation. Ce texte deviendra l’une des bases du féminisme originel.
Cette déclaration a résonné comme un cataclysme dans un monde très conservateur qui ne reconnaissait que l’homme. Elle a été refusée par la Convention et elle est restée à l’état de projet. Cinq exemplaires seulement en ont été imprimés. Il aura fallu attendre l’année 1840 pour que quelques extraits soient publiés, et l’an 1986 pour la publication du texte dans son intégralité, par Benoite Groult, journaliste, romancière et militante féministe française, décédée en 2016.

Les batailles de Marie Gouze étaient nombreuses : l’abolition de l’esclavage, la peine de mort, etc. Elle défendait les orphelins et militait pour les droits des mères célibataires. Cette femme de lettres, devenue femme politique, a été l’une des premières à faire des propositions concrètes en faveur de la démocratie.

"La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune", avait-elle écrit. Son audace la mènera à la guillotine le 3 novembre 1793, léguant à la femme française et à l’humanité un trésor incommensurable : son émancipation et son droit à la parole. Ses écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes sont cités en référence dans les milieux universitaires. Malmenée et sous-estimée de son vivant, Olympe de Gouges fait encore parler d’elle avec cette même force qui était son trait de caractère.

Rédigé par Meryem Kaf