Cette présentation a réuni Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie, Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région Sud, Manel Nadal, secrétaire à la mobilité et aux infrastructures de la Generalitat de Catalunya et Massimiliano Nannini, chef de cabinet du président de la Regione Liguria, en présence de Mathieu Grosch, coordinateur européen du Corridor méditerranéen.
L’objectif de Via Mediterra est de contribuer à la construction, à moyen terme, d’un véritable arc ferroviaire méditerranéen, capacitaire, interopérable et robuste pour le transport de voyageurs et de fret, de Barcelone à Gênes et au-delà vers Valence et Milan.
Cette démarche a également été portée devant l’ensemble des partenaires européens, de l’Espagne à l’Ukraine. Les quatre Régions y ont défendu une vision commune pour un réseau ferroviaire transfrontalier, performant et résilient.
Les quatre Régions entendent désormais amplifier leur mobilisation autour de plusieurs priorités majeures :
- renforcer la coopération entre les quatre Régions afin d’accélérer le déploiement de transports ferroviaires décarbonés, plus performants et plus résilients, avec une offre de trains accrue, un service amélioré ;
- définir une stratégie intégrée pour les voyageurs et le fret, à la fois locale et transfrontalière, entre les trois pays de l’Union européenne situés sur l’arc méditerranéen, de Gênes à Barcelone et Valence, afin notamment de réduire le trafic routier et de renforcer la desserte et la connexion des ports aux principaux marchés européens et internationaux en favorisant la mobilisation des financements européens ;
- inscrire le Corridor méditerranéen parmi les infrastructures stratégiques européennes, en prenant notamment en compte les enjeux liés aux transports militaires et civils ainsi qu’à la résilience des réseaux ;
- porter une position commune pour défendre les liens territoriaux, économiques et culturels qui structurent le sud de l’Europe.
Cette dynamique prolonge les travaux engagés depuis plusieurs années entre les quatre Régions. Elle fait suite à la rencontre organisée à Perpignan en février 2026 et aux travaux du groupe commun des Corridors européens atlantique et méditerranéen. Consacrés à la résilience des infrastructures du transport ferroviaire face au changement climatique, ils avaient été engagés à Valence en mars 2025 et poursuivis à Toulouse en décembre dernier.
Avec Via Mediterra, l’Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Catalogne et la Ligurie franchissent ainsi une nouvelle étape : mieux coordonner leurs projets, porter une ambition ferroviaire commune et faire entendre la voix des territoires du sud de l’Europe dans la construction du réseau de transport européen. Cette dynamique collective se poursuivra tous les six mois lors de rendez-vous politiques, en vue d’avancer sur les phases concrètes de réalisation des projets ferroviaires structurants. Prochaine étape : Marseille en février 2027.
Mathieu Grosch, coordinateur du Corridor méditerranéen, a déclaré : La discussion d’aujourd’hui est opportune et nécessaire. C’est l’occasion de réaffirmer que le Corridor méditerranéen entre Barcelone, Perpignan, Marseille et Gênes n’est pas périphérique, mais central pour l’avenir des transports en Europe. Le message est clair : cet axe doit rester au premier rang des priorités européennes. Il mérite une attention politique, une coopération transfrontalière et un soutien à l’investissement, notamment par l’intermédiaire du MIE, afin de transformer l’ambition stratégique en réalité opérationnelle. Cependant, le financement ne suffit pas à lui seul. Sa mise en œuvre dépend de la gouvernance. Dans ce contexte, je me félicite de la coordination et du dévouement des quatre régions. La construction d’une connexion ferroviaire viable nécessite une coordination efficace, un alignement étroit entre les gestionnaires de l’infrastructure, les ministères des Transports, les Régions, les ports et les opérateurs, ainsi qu’une compréhension commune des priorités de séquençage. »
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, présidente de Régions de France, présidente du conseil d’administration de la Société de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan, a déclaré : « Avec Via Mediterra, nous faisons le choix de nous unir pour défendre une ambition ferroviaire à la hauteur des enjeux de nos territoires et de l’Europe. La Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan est un maillon essentiel de cet arc méditerranéen. Elle permettra de mieux relier l’Occitanie à l’Espagne et à l’Italie, de développer les mobilités transfrontalières et d’offrir une véritable alternative à la voiture et au transport routier. Mais nous devons voir plus loin. Avec la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest, nous pouvons connecter les façades atlantique et méditerranéenne et construire une véritable Transversale ferroviaire. C’est cette vision que nous défendons avec nos Régions voisines et nos partenaires : celle d’un Sud de l’Europe mieux connecté, qui ne soit plus à l’écart des grands réseaux ferroviaires, et qui dispose d’infrastructures à la hauteur de ses besoins en matière de mobilité, de fret et de transition écologique. Nous voulons faire du train à grande vitesse un véritable outil de rapprochement entre nos territoires et de construction européenne ! »
Christian Estrosi, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a déclaré : « Avec Via Mediterra, nous franchissons une nouvelle étape pour faire du Corridor méditerranéen une véritable colonne vertébrale ferroviaire du sud de l’Europe. La Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur est un maillon essentiel de cette ambition, elle permettra d’améliorer les mobilités, de rapprocher nos métropoles et de renforcer nos échanges avec nos voisins européens. Nous portons une conviction simple, le Sud de l’Europe doit être pleinement connecté aux grands réseaux européens et disposer des infrastructures nécessaires. »
Manel Nadal, secrétaire à la mobilité et aux infrastructures de la Generalitat de Catalunya, a déclaré : Disposer d’une voie à écartement international (UIC) dédiée au fret entre Vilamalla et Portbou, séparée de la ligne à grande vitesse qui traverse le tunnel du Perthus, apporterait : plus de fluidité pour la grande vitesse transfrontalière, en éliminant les conflits d’horaires avec les convois de marchandises, plus lents ; une meilleure compétitivité du transport ferroviaire de marchandises, grâce à des horaires fiables et des temps de trajet prévisibles ; une réduction des coûts d’entretien, en évitant de cumuler sur une même voie l’usure du trafic lourd de marchandises et celle des voyageurs ; un corridor méditerranéen renforcé, en facilitant le transit continu de marchandises entre la péninsule Ibérique et l’Europe sans changement d’écartement de voie ; une réduction des émissions de gaz à effet de serre, en favorisant le transfert du fret de la route vers le rail grâce à une meilleure efficacité et compétitivité du transport ferroviaire ».
Massimiliano Nannini, chef de cabinet du président de la Regione Liguria, a déclaré : « Le Corridor européen de transport méditerranéen revêt une importance stratégique pour la Ligurie et, en particulier, pour le système portuaire ligure, qui présente un potentiel important de développement et de connexion avec les principaux marchés européens et internationaux. Comme cela a été convenu lors de la visite du coordinateur Mathieu Grosch, le 2 septembre dernier, il sera essentiel de travailler avec la Commission européenne afin que les projets prioritaires puissent bénéficier des possibilités de financement offertes par le Connecting Europe Facility. La réunion d’aujourd’hui constitue une occasion importante de partager une vision intégrée des infrastructures portuaires, des liaisons ferroviaires et des connexions transfrontalières. Des infrastructures et des liaisons ferroviaires efficaces sont des conditions essentielles pour renforcer la compétitivité du système portuaire ligure et son intégration pleine et entière dans les principaux marchés européens. La Ligurie entend contribuer activement au dialogue européen afin de confirmer la priorité des investissements consacrés aux connexions ferroviaires associées, en accordant une attention particulière aux interventions nécessaires pour éliminer les goulets d’étranglement et garantir la continuité et l’efficacité du Corridor ».
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