Mois de l’égalité femmes-hommes en Occitanie 99 & 1 portraits pour l’Egalité femme / homme : interview de Domitille

Publié par : Maison de la Région à Montauban

Les Montalbanaises prennent la parole !

A travers ce projet, l’association d’influence positive « Myself », emmenée par Meryem Kaf et accompagnée de Johana Cavel, artiste photographe, rendent hommage à toutes les femmes de Montauban, ville d’Olympe de Gouges, l’une des premières féministes françaises.

Découvrez les premiers clichés de portraits-photos de montalbanaises.

Domitille est à l’honneur aujourd’hui !

Domitille 52 ans
Profession : Juriste
Montalbanaise d’adoption

« En tant que mère et épouse, j’ai dû faire des choix professionnels en privilégiant ma famille »

3 questions à Domitille

Egalité ou complémentarité pour pouvoir vivre en harmonie ?

Je rajouterai un autre terme qui est très important pour moi : l’équité. J’estime que l’égalité n’a pas de sens à proprement parler, notamment pour la juriste que je suis. On ne peut pas mettre les gens à égalité sinon on n’avancera pas. En revanche, l’équité est de savoir prendre en considération chaque personne pour ce qu’elle est, en fonction de ses besoins.
J’insiste sur le terme équité et non pas égalité. J’ai vécu cela en tant qu’avocate spécialisée en droit immobilier et je défendais aussi bien les propriétaires que les locataires quand il y avait conflit. J’essayais de comprendre et de voir comment on pouvait trouver une cohérence entre les différentes parties. J’aide les autres comme je peux et je prône l’entraide.

La femme a sans aucun doute trouvé son équilibre dans l’espace public, mais on oublie souvent l’espace professionnel. Comment peut-on décrire la situation aujourd’hui ?
Malheureusement, cet écart existe et le plafond de verre est énorme. J’en ai tellement conscience et, d’ailleurs, c’est pour cela que je n’ai pas cherché à obtenir des titres. Cela ne change rien à mes compétences de juriste, et puis je suis consciente que même si j’obtiens des titres, je n’aurai pas le salaire qui va avec.

Justement, à diplôme et à poste égal, l’écart des salaires entre les hommes et les femmes est réel. Peut-on assimiler ceci à une violence économique ?

Je dirai plutôt « inéquité » ou inégalité. J’estime que le terme violence renvoie à la guerre et je ne souhaite pas concevoir cette relation homme / femme comme une relation de guerre. En tant que femmes, nous sommes obligées, à un moment donné, de faire des choix professionnels. En tant que mère et épouse, j’ai dû faire des choix professionnels en privilégiant ma famille. Je n’ai pas évolué comme j’aurai pu le faire et j’en suis consciente.
Malheureusement, le plafond de verre est très solide. Je suis curieuse de voir comment on se comportera face à un homme qui abandonne sa carrière pour élever les enfants ! Vous vous rendez compte, le congé parental pour les papas est encore très mal vu en entreprise !

Peut-on imaginer les quotas ou les sanctions comme solution ?

Je suis contre les quotas et les sanctions. Je pense plus à l’éducation. Le changement ne se fera pas par les sanctions. C’est tout un état d’esprit qu’il faut changer, en prenant en considération que l’éducation commence dès la petite enfance. C’est non seulement un état d’esprit mais un état d’être. On dit souvent au petit garçon qu’il doit aider sa sœur à dresser la table, par exemple. Pour moi, il doit participer et non aider. Pareil pour un homme qui dit : « J’aide ma femme ». Je dirai plutôt qu’il participe. C’est aussi une question d’équilibre à trouver dans chaque foyer. Les choses changeront petit à petit.

Propos recueillis par Meryem Kaf  : Initiatrice du projet association Myself- réseau d’influence positive

Crédit photo : Johanna Cavel