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Mathieu Madénian : « Cette région, c’est toutes mes premières fois »

Comédien, humoriste, chroniqueur radio et télé, cet ex-avocat, né à Perpignan, revendique une totale liberté de ton.

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Dans votre dernier spectacle En état d’urgence, vous réussissez le tour de force de nous parler de nos vies à tous, en racontant la vôtre…

Mathieu Madénian : Dans un spectacle, le danger, c’est de ne parler que de soi. Si tu ne parles que de toi, tu n’intéresses pas les gens. On n’est pas chez le psy. Il faut trouver un juste milieu, parler de soi et faire en sorte d’accrocher les spectateurs pour qu’ils passent un bon moment. Je tuerais pour une bonne vanne (rires)…

Pourtant, vous avez fait des études très sérieuses à l’université. Vous avez même réussi le concours d’avocat. Comment fait-on pour passer du prétoire à la scène ?

M. M. : Effectivement, j’étais en faculté de droit, d’abord à Perpignan, puis à Montpellier et enfin à Toulouse ou j’ai obtenu un DEA en sciences criminelles. J’ai fait de la criminologie parce que je voulais poursuivre les tueurs en série. Après six ans d’études supérieures, j’ai décidé de prendre une année sabbatique pour monter à Paris et pour monter sur scène. Ça dure depuis 2002, c’est une année sabbatique qui a mal tourné…

Entre l’enfance et l’adolescence, j’ai passé 25 années de ma vie dans cette région

En octobre dernier, vous étiez en spectacle à Paris au Bataclan. Qu’avez-vous ressenti ?

M. M. : Une charge émotionnelle très forte… J’avais réécrit, pour l’occasion, toute la dernière partie de mon spectacle. Je suis d’autant plus sensible à cette tragédie que j’ai perdu, moi aussi, des amis très proches lors d’un autre massacre, celui contre Charlie Hebdo. Depuis 2014, je publie, chaque semaine, une chronique dans Charlie. Et le jour de l’attentat, le 7 janvier 2015, je devais assister à la conférence de rédaction. Ce jour-là, j’ai eu un empêchement qui m’a probablement sauvé la vie. J’ai eu beaucoup de chance de ne pas finir, comme mes camarades, avec une balle de Kalachnikov dans la tête.

Vos aventures médiatiques vous ont conduit de Michel Drucker à Charlie Hebdo en passant par Thierry Ardisson. N’avezvous pas le sentiment de faire le grand écart ?

M. M. : Non, pas du tout. Le point commun entre toutes ces expériences, c’est que je suis totalement libre. Personne ne contrôle mes textes. Et aujourd’hui, la liberté de ton totale est un vrai luxe.

Que représente, pour vous, la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée ?

M. M. : Je suis né à Perpignan. J’ai grandi à côté, à Saleilles. Entre l’enfance et l’adolescence dans les Pyrénées-Orientales, puis les années étudiantes à Montpellier et Toulouse, j’ai passé 25 années de ma vie dans cette région. Ça représente toutes mes premières fois. Le bac, la fac, la première fois que je suis tombé amoureux, que je suis monté sur une scène.

Aujourd’hui, je vis à Paris, mais j’adore revenir là où j’ai grandi. Dès que j’ai deux ou trois jours, je redescends. Et puis, je passe mes vacances ici : voir mes parents, aller à la plage, jouer à la pétanque avec mes potes d’enfance.

Prochaines dates en Occitanie :

  • 9 Juin à Bellagarde (Gard)
  • 12 Juillet au Grau-du-Roi (Gard)