La vache Lourdaise

Au début du siècle, la race Lourdaise était certainement la plus complète des quatre races bovines françaises propres à la chaîne pyrénéenne.

Origine et Historique

La race bovine Lourdaise est originaire des cantons de Bagnères de Bigorre, Argelès et Ossun (contour nord et sud de Tarbes) dans les Hautes-Pyrénées. Elle s’étendait sur les nombreuses vallées de la région entre la vallée d’Aure et le col d’Aubisque à la limite du Béarn et sur la plaine de Tarbes. C’était en somme la race de la Bigorre et du Lavedan. Elle était néanmoins présente, individuellement, dans toutes les bonnes maisons du Sud-Ouest et on la trouvait également dans les laiteries à la périphérie des grandes villes comme Toulouse ou St-Gaudens car elle était très appréciée pour la production beurrière. Dès 1892, on a cherché à organiser cette race et en 1896 le livre généalogique comptait les inscriptions de 250 mâles et 600 femelles.

Son déclin devint inexorable lorsque dans une circulaire datée du 29 septembre 1960, le Ministre de l’Agriculture précisait que , pour les races locales à effectif réduit s’acheminant vers leur disparition, il y avait lieu d’abandonner tout soutien à leur égard d’autant que les tentatives de création de livre généalogique ou d’étable pépinière s’étaient heurtées à l’indifférence des éleveurs.

Evolution et Situation actuelle

Les années soixante ont correspondu également à l’abandon de la traction bovine allant de pair avec la modernisation de l’élevage. Des races pures spécialisées se sont alors implantées dans le berceau géographique de la Lourdaise (Brune et Frisonne pour leur production laitière - Charolaise et Limousine puis Blonde d’Aquitaine pour la production de viande). La population a régressé fortement puisqu’en 1904, il y avait 221 taureaux lourdais agréés pour la monte publique dans le département des Hautes-Pyrénées tandis qu’au début des années 80, il n’en restait plus qu’un seul.

Les éleveurs intéressés par cette race assurent la conservation des femelles vivantes. Alors qu’en 1983, on comptait 30 vaches réparties dans 13 troupeaux, ce sont, en 2010, 221 femelles qui sont présentes dans 53 troupeaux.

Vaches Lourdaises : évolution des effectifs

Description

Taillemoyenne (1m35 de hauteur au garrot et 650 kg de poids vif).
Robe de couleur froment crème ou blanche.
Muqueuses claires. Le tour des yeux, du mufle, la face interne des cuisses doivent être blancs. C’est aussi le cas du toupillon.
Tête profil droit avec un chignon développé souvent couvert de poils assez longs.
Cornes en forme de lyre, très ouvertes qui donnent aux vaches une expression très élégante.
Pis très caractéristique. Coupé en avant, il est plutôt porté en arrière.
Bassin ample.

Aptitudes

C’est une race au tempérament agréable, douce et facile à manipuler. Si les souches les plus laitières ont évidemment disparu, il semblerait cependant que les vaches d’aujourd’hui aient gardé un potentiel suffisant pour bien nourrir les veaux dans le cadre d’un élevage allaitant. Les veaux de lait sont lourds avec une ossature fine, bien conformés et même parfois culards. Leur couleur claire leur permet d’être commercialisés dans les filières classiques et notamment sous le label rouge « veaux sous la mère ».

Actions de sauvegarde

Dès 1978, des contacts sont pris par l’Institut de l’Elevage (IE) pour tenter de connaître la situation de cette race. Celle-ci apparaît comme très difficile puisque moins de quarante vaches de race pure, de type « Aurois » ont été recensées ainsi que quatre taureaux. Sollicité dès 1979, le Parc National des Pyrénées a accepté d’être le support administratif et financier d’une opération de sauvegarde, en relation avec l’IE et le SUACI Pyrénées (Service commun aux Chambres d’Agriculture des départements pyrénéens pour les actions de développement en montagne). En 1982, le Ministre de l’Agriculture attribue une première subvention qui permet de faire collecter un taureau « Richet » pour l’insémination artificielle. La maîtrise d’oeuvre de ces actions de conservation est transférée en 1989 au Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées. C’est l’Institut de l’Elevage qui assure l’encadrement technique depuis la mise en oeuvre des opérations. Les actions de conservation génétique consistent essentiellement à :

  • Connaître les éleveurs et permettre les contacts entre élevages.
  • Repérer les femelles vivantes, entretenir l’inventaire des animaux, tenir à jour les généalogies (fichier PETPE de l’Institut de l’Elevage).
  • Acheter dans certains cas des animaux génétiquement intéressants susceptibles de disparaître.
  • Constituer un stock de semence de qualité afin d’assurer une reproduction normale de la population sur le long terme (aujourd’hui 18 taureaux sont disponibles pour l’insémination artificielle).
  • Faire connaître la race (publications, présentations d’animaux)

Partenaires et Contacts

Syndicat des races bovines pyrénéennes
Ussau, 09160 BETCHAT
tél : 05 61 96 41 76
Mail : sandrine.dangla@orange.fr

Institut de l’Elevage
BP 42118, 31321 CASTANET TOLOSAN cedex
Tél. : 05 61 75 44 59
Mail : lucie.markey@idele.fr

Midatest EGS - Les Nauzes
81580 Soual
Tél. : 05.63.82.52.75
Mail : midatest@midatest.fr

OS des races bovines en conservation
BP 42118, 31321 CASTANET TOLOSAN cedex
Tél. : 05 61 75 44 59
Mail : lucie.markey@idele.fr