La brebis Lourdaise

La Lourdaise est une brebis de grand gabarit, caractère le plus marquant qui la distingue des autres races pyrénéennes.

Origine et Historique

Au milieu de ce siècle, la race de Lourdes était considérée comme appartenant à la race des Pyrénées Occidentales avec les 3 autres sous races : Béarnaise, Basquaise et Aure et Campan. Elle serait dérivée, par infusion de sang Mérinos, de la sous race Béarnaise dont elle aurait conservé le format, la conformation, le profil busqué. Le noyau actuel de race Lourdaise est celui qui a le mieux résisté aux infusions de sang aujourd’hui à peu près complètement effacées. Une section spécialisée des éleveurs Lourdais a été constituée dès la création de l’UPRA des races ovines des Pyrénées Centrales en 1975.

Le berceau actuel de la race s’étend sur les cantons d’Aucun, Argelès Gazost, Lourdes, Bagnères de Bigorre, Saint-Pé-de-Bigorre dans les Hautes Pyrénées.

Evolution et Situation actuelle

En 1977, le cheptel de race pure avait, après enquête, été estimé à 3 500 femelles. Cet effectif a régressé compte tenu des difficultés économiques de l’élevage ovin en général et des problèmes spécifiques de débouchés liés à la mauvaise conformation des animaux. En 2011 on constate une augmentation de l’effectif : 900 brebis dans 21 élevages dont quelques jeunes éleveurs.

Description

Tête chanfrein très busqué, long et étroit
Front bombé
Oreilles longues et basses
Poils certains, blanc-grisâtre, assez longs garnissent la tête et la nuque la laine laisse le plus souvent la nuque à découvert
Cornes enroulées en spirales, constantes chez les béliers et chez les brebis.
Membres et squelette ossature forte, côtes allongées, bassin large et poitrine étroite
Robe blanche, mais pouvant aussi être noire ou pie (10% des animaux) ; certaines souches présentent même une disposition particulière des taches ; la toison s’étend sur les flancs mais laisse le dessous du ventre à découvert, elle s’arrête sur les membres, un peu au dessus du jarret et du genou ; la race manque d’homogénéité dans les toisons qui sont longues (mèches de 10 à 15 cm) et jarreuses poids des toisons : 1,8 à 2,5 kg.
Poids béliers de 70 à 100 Kg - brebis de 70 à 80 Kg.
Taille hauteur au garrot : bélier de 75 à 95 cm, brebis de 70 à 85 cm.

Aptitudes

Cette race, très docile, était dans le passé traditionnellement adaptée à une production pratiquement disparue par défaut de rentabilité (ce mouton de 2 à 3 ans à la chair très appréciée était abattu à 80-90 Kg). Elle se désaisonne très bien (85 % des agnelages de septembre à novembre). La prolificité de cette race est de 126 %.Les brebis sont très bonnes laitières. Les agneaux ont une croissance de 290 grammes par jour sur une période comprise entre 10 et 30 jours. Au-delà de cette phase d’allaitement, l’insuffisance de précocité et de conformation au regard des exigences d’un abattage à 3-4 mois, ont entraîné un croisement avec la race Berrichon du Cher.

Le système d’élevage pratiqué est celui fréquemment rencontré dans les Pyrénées Centrales : estive en haute montagne de juin à septembre ; exploitation des granges foraines en demi-montagne avant et après l’estive ; en plein hiver, les animaux sont en bergerie où ils reçoivent du foin. La période de lutte, qui débute en avril, est toujours longue, de 6 à 8 mois, ce qui peut entraîner des doubles agnelages. La poursuite de la lutte en estive avec la présence de béliers de races étrangères accentue les difficultés de renouvellement en race pure.

La race Lourdaise est exploitée pour la production d’agneaux de deux types : agneaux de lait âgés de moins de 3 mois pesant 20-25 Kg et agneaux de boucherie pesant plus de 25-30 Kg à un âge supérieur à 3 mois. A côté de ces productions, celles de broutards et de moutons sont négligeables. La vente de brebis suitées à la descente d’estive est en régression.

Actions de sauvegarde

Depuis 1989, diverses actions ont été mises en place avec l’appui du Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional pour sauvegarder le patrimoine génétique représenté par la race Lourdaise :

  • La semence de 10 béliers représentant les différentes origines de la race - soit un total de 1011 paillettes - a été congelée afin de constituer une réserve génétique. L’inventaire de l’ensemble des troupeaux repérés (marquage et classement des troupeaux) a été réalisé. La majorité , soit 15 élevages sur les 22 recensés ont inscrits à l’UPRA, ce qui représente 70% des effectifs de la race.
  • Pour parfaire la connaissance de la race, quelques élevages font l’objet d’un suivi technique :
  • un contrôle de performances de type « formule 8 », qui permet un contrôle de reproduction (désaisonnement, rythme d’agnelage, prolificité) par le repérage des dates de lutte et de mise-bas, est assuré chez 8 éleveurs,
  • un contrôle de type « formule 1 », contrôle laitier indirect par mesure du Gain Moyen Quotidien (GMQ), entre 10 et 30 jours est également assuré dans 2 élevages.

Un début d’organisation des éleveurs autour de la promotion de cette brebis et de ses produits pourrait bientôt émerger .


Partenaires et Contact
Unité Pyrénéenne des Races Allaitantes UPRA
28, rue des Pyrénées - 31210 Montréjeau
Tél. : 05 61 95 68 44
upra-ovine-pyrenees@wanadoo.fr