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Alimentation : un secteur qui pèse dans la balance !

Entre le foie gras et la tielle, le vin et le cassoulet, la filière de la production alimentaire et agroalimentaire est indéniablement un mastodonte de l’économie régionale. Elle représente 164 000 emplois, ce qui en fait le 1er employeur d’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée devant le tourisme et l’aéronautique.

À lui seul, le secteur de l’agroalimentaire compte pas moins de 7 000 entreprises avec des géants comme Andros dans le Lot et Saint-Mamet dans le Gard, mais surtout une multitude d’établissements de petite taille. Les PME et TPE de moins de 20 salariés représentent en réalité 80 % des entreprises du secteur qui, si on ajoute l’agriculture, pèse 22 Md€ de chiffre d’affaires.

Repères
  • 55 M€ de budget régional + 450 M€ de fonds européens gérés par la Région
  • 250 produits sous signe officiel de qualité
  • 1re région bio de France en nombre d’exploitation
  • 1er vignoble mondial en superficie pour les vins d’origine

Avec 74 000 exploitations, la région arrive en seconde position des régions de France pour la superficie consacrée à l’agriculture. Le secteur reste cependant encore trop peu rémunérateur. En 2016 selon l’INSEE, 30 % des exploitants agricoles en France avaient un revenu inférieur à 350 € par mois, le revenu moyen oscillant entre 13 000 et 15 000 €.

Reste que de nouveaux débouchés apparaissent comme l’oenotourisme, la vente directe, les circuits courts, les visites à la ferme. Ils offrent un complément de revenus qui pèse aussi dans la balance.

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Pourquoi l’alimentation ?

Parce que l’alimentation est au centre des préoccupations du quotidien, la Région l’a érigée en « Grande cause régionale 2018 ». Un engagement chargé de sens pour la Région car, derrière le simple fait de se nourrir se cachent des enjeux de santé publique mais aussi de développement économique.

L’alimentation est également un parfait baromètre qui mesure l’évolution de nos modes de vie et les bouleversements de nos modes de consommation. C’est aussi un marqueur social. On ne mange pas de la même manière selon le milieu dans lequel on évolue. Il faut de plus, lorsqu’on parle d’alimentation, avoir à l’esprit l’existence grandissante de la précarité alimentaire : en 2016, les Restos du coeur auront servi 135,8 millions de repas contre 8 millions lors de leur création.

Et qui dit alimentation dit aussi agriculture et agroalimentaire, des secteurs qui ont connu de véritables révolutions ces cinquante dernières années. Enfin, l’alimentation prend une dimension particulière dans une région comme la nôtre où la gastronomie et le bien-manger sont le fer de lance de l’identité locale.

En savoir plus
Sous la houlette de Jean-Louis Cazaubon, vice-président en charge de l’agroalimentaire et de la viticulture, la Région soutient les entreprises du secteur agroalimentaire. Sa commission agriculture, agroalimentaire et viticulture, présidée par Judith Carmona, se réunit régulièrement pour étudier les demandes d’aides à l’investissement dans de nouveaux outils de production, à l’achat de locaux, à l’export, à la recherche pour innover et se démarquer etc. Il en va de même pour l’aide à la transmission et à la reprise d’exploitations, le soutien au développement de la filière bio, l’aide à l’investissement et à la modernisation des exploitations, à l’export, la valorisation des circuits courts, etc.

Consulter la page consacrée aux politiques régionales en faveur de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la viticulture

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Bio : la Région s’engage

La Région s’est fixé comme objectif d’atteindre 40 % de produits locaux dont 20 % de bio dans les cantines des lycées d’ici 2021.

Le bio s’est ancré durablement dans nos modes de consommation. Aujourd’hui 7 Français sur 10 déclarent consommer des produits bio au moins une fois par mois, entraînant une croissance de 40 % de cette consommation ces deux dernières années. Résultat : pour faire face à la demande, le nombre de conversions des terres agricoles en bio est exceptionnel et la Région Occitanie en est le fer de lance avec une augmentation de 34 % des surfaces dédiées à cette agriculture en 2015 et 23 % en 2016, ce qui fait d’elle la 1re région française en agriculture biologique et la 4e d’Europe.

Repères :
  • En vingt ans, le temps de préparation du dîner est passé en semaine de 42 à 28 minutes et le week-end de 60 à 37 minutes.
  • 26 % du budget alimentaire est dépensé hors domicile contre 14 % en 1960.
  • La consommation de viande rouge est aujourd’hui de 24 kg par an et par habitant contre 33 kg en 1969, celle du pain a été divisée par trois par rapport aux années 1960.

Face à cette croissance, la Région a décidé de renforcer son action en faveur de la filière bio. Ainsi des mesures spécifiques ont été mises en place dans le cadre du « Plan Bi’O 2018-2020 » afin d’accompagner
les producteurs bio dans leur développement et dans la structuration de leurs filières. Parmi ces mesures on peut retenir le lancement d’un appel à projets sur l’expérimentation bio et la mise en place d’un « Pass Expertise bio » afin de facilite la circulation des savoir-faire.

La Région poursuit ainsi son engagement pour la filière et cela malgré la décision de l’État en septembre de l’arrêt de ses aides au maintien de l’agriculture biologique, soit un million d’euros en moins pour les agriculteurs d’Occitanie. Dans ce contexte, ce sont donc 34 millions d’euros, dont 30 millions issus de fonds européens, que la Région consacrera en 2018 à l’agriculture biologique. Par ailleurs la Région met en place une politique forte en faveur du développement du bio et du local dans les cantines des lycées, afin d’offrir de nouveaux débouchés aux agriculteurs régionaux, avec pour ambition 40 % de produits locaux dont 20 % issus de l’agriculture biologique dans les lycées d’ici 2021.

Du bio et du local dans les cantines sans surcoût pour les familles

La Région a mis en place un nouveau dispositif pour permettre de valoriser des produits locaux et bio dans les restaurants scolaires des lycées. Dans ce cadre, elle a lancé un appel à candidature auprès des établissements désireux de s’engager activement dans la démarche. Plus d’un tiers des lycées a déjà répondu favorablement. Ces établissements proposeront donc dès la rentrée prochaine davantage de produits de ce type, et sans que cela occasionne une augmentation du prix des repas pour les familles. La Région prendra en effet en charge le surcoût éventuel de la mesure. L’enjeu est de taille car la commande de denrées alimentaires dans les lycées totalise un budget de 56 millions d’euros par an pour plus de 25 millions de repas servis. La restauration scolaire représente donc un formidable potentiel de débouchés pour les producteurs locaux et bio.

Alimentation et Santé

Rencontre avec le professeur David Nocca, spécialiste de la chirurgie de l’obésité et du diabète au CHU de Montpellier, cofondateur de la Ligue contre l’obésité.

Pourquoi avoir créé la Ligue contre l’obésité en 2014 à Montpellier ? JPEG - 73.2 ko

David Nocca : Je suis spécialiste de l’obésité, une maladie chronique qui dépasse pour diverses raisons les simples troubles alimentaires. Les personnes obèses sont des personnes qui souffrent d’une pathologie complexe dont ils sont victimes. Il faut le rappeler, le marteler même, car notre époque est propice au développement de la grossophobie et à la discrimination en fonction du poids. C’est un problème auquel sont confrontées bien des personnes y compris des enfants obèses ou en surpoids. L’obésité est une MALADIE.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de nos comportements alimentaires ?

D.N : Je suis un témoin privilégié de l’évolution des comportements alimentaires et de ses conséquences pour la santé. La situation est plus que préoccupante. Les enjeux en termes de santé publique sont considérables quand on sait que selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé dans moins de quinze ans 6 Français sur 10 seront en surpoids et 1 sur 4 obèse. Les dérives de nos comportements alimentaires entraînent le développement de nombreuses maladies comme le diabète bien sûr ou l’hypertension artérielle. Elles favorisent même l’apparition de certains cancers ! Ces maladies continueront à se développer si on n’intensifie pas l’attaque à la racine du mal. De plus, la prise en charge de toutes ces pathologies liées à l’obésité à un coût et à un moment donné notre système de protection sociale ne sera plus en mesure de faire face.

Comment en est-on arrivé là ?

D.N : Il y a des tas de raisons qui poussent à la prise de poids. Je pense à la sédentarisation, à la précarité, à la modification de la cellule familiale, à la déstructuration des horaires des repas, aux troubles du sommeil, mais aussi au surdéveloppement de l’offre alimentaire et des produits transformés. Les sodas sont de véritables bombes énergétiques et pourtant, nous en consommons des quantités impressionnantes…

Comment agir pour revenir à une alimentation plus correcte ?

D.N : Il existe différents programmes de sensibilisation à l’importance du bien-manger mis en place par les différents gouvernements successifs. Ces campagnes de promotion d’une meilleure hygiène de vie sont nécessaires mais ne peuvent suffire. L’un des nerfs de la guerre est l’éducation des enfants dans les écoles et l’adéquation entre ce qu’on tente de leur apprendre et ce que l’on met dans leur assiette. Les cantines ont un rôle fondamental insuffisamment pris en considération. C’est donc à ce niveau aux pouvoirs publics d’agir comme le fait par exemple la Région au sein de la restauration des lycées ou en faisant de l’alimentation une grande cause régionale à défendre. Ensuite, il faut essayer d’être actif au sein même des foyers notamment les plus touchés. L’éducation et l’information des parents sont primordiales. L’expérience du projet CORPS mené par la Ligue contre l’obésité en 2017, où une diététicienne associée à un éducateur physique, visitaient les familles à leur domicile, a montré un intérêt certain !

Repères :
  • L’eau ne constitue que la moitié des boissons consommées par les enfants.
  • On estime à 711 millions le nombre de personnes obèses dans le monde en 2015 dont 107 millions d’enfants. L’obésité tue trois fois plus que la faim.
  • En 2030, 6 Français sur 10 seront en surpoids : 58 % des femmes et 66 % des hommes.
  • 3,5 millions de Français touchés par le diabète.
  • Si les cancers sont la première cause de mortalité en France, on estime qu’un tiers d’entre eux pourraient être évités grâce à une alimentation plus équilibrée.
  • Un adulte consomme en moyenne 95 g de sucre (sucre rapide) alors que la recommandation officielle est de 50 g.