AccueilJe m’informeLes actusUn témoignage unique de l’Art nouveau en Occitanie

Un témoignage unique de l’Art nouveau en Occitanie

Par son architecture et son décor, le Château Laurens est un héritage unique de l’Art nouveau en Occitanie. Dans la région, ce courant artistique de la fin XIXe ne s’est jamais vraiment développé. Mais sur la commune d’Agde, la Villa Laurens de l’époque offre aux artistes de l’Art nouveau un véritable écrin pour leurs créations, en partie intactes aujourd’hui. Un projet de restauration est en cours, avec le soutien de la Région.

Emmanuel Laurens hérite de la Villa Laurens en 1897. Il confie les aménagements intérieurs et extérieurs à des artistes de l'Art nouveau © Laurent Boutonnet
Emmanuel Laurens hérite de la Villa Laurens en 1897. Il confie les aménagements intérieurs et extérieurs à des artistes de l’Art nouveau © Laurent Boutonnet

L’histoire commence avec la famille Laurens. À 24 ans, Emmanuel hérite du domaine de son oncle, sur la commune d’Agde. On est à la fin du XIXe siècle. Passionné d’art, le jeune Laurens confie la décoration de la villa du domaine à des artistes de l’Art nouveau, un mouvement très en vogue à cette époque, mais peu présent sur le territoire de l’actuelle Occitanie. Mobilier, verrières, peintures et vitraux : si tout a été conservé, les œuvres ont aujourd’hui besoin d’un coup de neuf.

Au terme des travaux, le Château Laurens deviendra un lieu de créations, d'expositions et d'ateliers pédagogiques © Laurent Boutonnet
Au terme des travaux, le Château Laurens deviendra un lieu de créations, d’expositions et d’ateliers pédagogiques © Laurent Boutonnet

C’est le but du projet de restauration en cours sur le Château Laurens, classé Monument historique il y a 20 ans.Sollicitée pour soutenir les travaux, la Région devrait entériner sa participation au projet lors de la prochaine Commission permanente, le 19 mai. Elle assumerait alors 10% du coût de la première tranche de travaux, soit 300 000 euros.

Car la restauration des œuvres n’est pas le seul but. L’objectif est de faire du Château Laurens un lieu de conservation patrimoniale et création contemporaine ouvert à tous les publics, y compris jeune.

Entre 1898 et 1901, les artistes de l'Art nouveau tranforment les extérieurs (tels qu'on les connaît aujourd'hui) © Laurent Boutonnet
Entre 1898 et 1901, les artistes de l’Art nouveau tranforment les extérieurs (tels qu’on les connaît aujourd’hui) © Laurent Boutonnet

Dès cette année, le chantier s’attachera donc à consolider les fondations, à restaurer le corps du bâtiment, des planchers et des petits appartements. À l’issue de cette étape, le rez-de-chaussée de la Villa pourra alors ouvrir au public.

En 2017, Occitanie / Pyrénées-Méditerranée augmente le budget qu’elle mobilise pour la culture et le patrimoine, soit plus de 3% du budget de la Région.

Ils sont passés à la Villa Laurens :
  • Eugène Dufour (1873-1941) : fils d’un ami du père d’Emmanuel Laurens, Eugène Dufour travaillait pour l’entreprise familiale de peinture à Marseille. Il exécute l’ensemble des peintures murales de la villa. Les surfaces, la plupart du temps rouge ou vertes, sont ornées de motifs végétaux.
  • Léon Cauvy (1874-1933) : artiste décorateur montpelliérain et ami d’Emmanuel Laurens, dessine le mobilier Art Nouveau de l’appartement de Laurens : bureau, armoire, banquette d’angle, chaises, fauteuil, etc. Meubles à la fois monumentaux et raffinés, ils constituent de véritables œuvres d’art et se caractérisent par une recherche plastique résolument moderne.
  • Eugène Martial Simas (1862-1939) et Théophile Laumonnerie (1863-1924) : Simas, artiste parisien, dessine les cartons des 5 grandes verrières mises en œuvre par son ami le maître-verrier Théophile Laumonnerie. La plus importante s’intitule La Mer (H. 3,50m ; L. 5,50 m) et est située dans le salon-bureau. Elle représente un grand paysage marin d’où émerge une sirène qu’implore une jeune femme accompagnée d’un enfant.
  • Louis Anquetin (1861-1932) : membre de l’avant-garde pictural des années 1890, proche de Gauguin, Toulouse-Lautrec et Van Gogh, Louis Anquetin se tourne vers la peinture d’histoire décorative du XVIIe. Le dessin sur papier marouflé (H. 2,4m ; L. 3,10m) recouvrant le plafond du salon-bureau du petit appartement est sans doute une esquisse préparatoire à l’œuvre L’Aurore, esquisse qu’Emmanuel Laurens aurait acquise pour décorer la Villa.