Dans la tour du xvie siècle du Vallon du Villaret, Delphine Gigoux-Martin a conçu un projet en référence à l’emprisonnement de Casanova dans la prison des Plombs.
Les différents étages de la tour suggèrent une verticalité vertigineuse et inquiétante pour qui voudrait se lancer dans l’espace, et l’épaisseur des murs donne une assez juste idée de l’enfermement social concret dont les corps, bien autant que les esprits, doivent tenter de se libérer à toutes les époques. Aujourd’hui plus encore que par le passé, l’art apparaît comme l’un des moyens inventés par les êtres humains pour s’affranchir des déterminismes de la condition animale, sur la base du constat lucide énoncé par Casanova (Histoire de ma vie, X, 10) : « C’est un fait hors de question qu’une âme noble ne croira jamais de pouvoir n’être pas libre. Et cependant, qui est celui qui est libre dans cet enfer qu’on appelle monde ? Personne. Le seul philosophe peut l’être, mais par des sacrifices qui ne valent peut-être pas le fantôme liberté. » (E. Latreille, extrait du catalogue Casanova forever)
Delphine Gigoux-Martin est née en 1972, elle vit à Clermont-Ferrand.
Commissaire associé : Guillaume Sonnet