AccueilJe m’informeLes actusÀ Uzès, l’Antiquité romaine revit !

À Uzès, l’Antiquité romaine revit !

Une mosaïque romaine a été découverte dans un état de conservation exceptionnel, à Uzès, dans le Gard. Un pavement de 60 m2 retrouvé par les experts de l’Institut de recherches archéologiques préventives (l’Inrap) à l’endroit même où la Région a engagé un chantier. Presque immédiatement, une opération de préservation a eu lieu, pour, après étude, exposer ce vestige rare au plus grand nombre.

La Région a engagé un chantier pour la construction d'un internat et d'une restauration communs aux lycées Gide et Guynemer © Antoine Darnaud
La Région a engagé un chantier pour la construction d’un internat et d’une restauration communs aux lycées Gide et Guynemer © Antoine Darnaud

Elle n’est pas passée à l’étude, que déjà, les archéologues de l’Inrap (l’Institut de recherches archéologiques préventives) sont presque sûrs de sa biographie. La mosaïque retrouvée sur le chantier d’un lycée engagé par la Région, à Uzès, dans le Gard, nous vient de la fin du Ier siècle avant J.-C.

Zoom sur l'un des angles de la mosaïque de 60 m2 retrouvée par l'Inrap © Antoine Darnaud
Zoom sur l’un des angles de la mosaïque de 60 m2 retrouvée par l’Inrap © Antoine Darnaud

L’opération de préservation menée sur site mardi 11 avril, entre les lycées Gide et Guynemer, permettra de compléter l’histoire de cette œuvre rejaillie de l’Antiquité romaine.

C’est tout à fait rare, il y a comme une patine sur les tesselles*, et celles-ci sont très fines… Un état qui rejoint presque l’état du neuf !, révèle Marc Célié, adjoint scientifique et technique à l’Inrap.
Des hypothèses à confirmer

D’après les premières hypothèses nourries par l’équipe en charge des fouilles préventives, cet état de conservation serait dû à deux facteurs.

Le secteur où la mosaïque a été retrouvée aurait été déserté entre la fin du IIe siècle et le IVe avant J.-C. Pour quelles raisons, il est trop tôt pour le dire. Mais au moment d’abandonner leur quartier, les résidents auraient détruit leurs habitations. La mosaïque alors recouverte de matériaux en tous genres, aurait été préservée par ces débris, dans son jus. Après une centaine d’années – seulement, d’existence.

Il faudra attendre le Ve siècle avant J.-C. pour assister à la deuxième période d’occupation de ce quartier, qui a également laissé des traces, superposées aux plus anciennes.

Autres sérieuses pistes de réflexion, la provenance de la mosaïque.

Ce pavement est le fruit d’un savoir-faire assez exceptionnel pour l’époque. Probablement en provenance d’Italie. Vu la qualité du matériau et du geste, se payer ce type d’œuvre n’était pas à la portée de tous ! On peut donc penser qu’elle ornait la villa d’un riche propriétaire, ou bien un bâtiment public, précise Marc Célié.

Enfin, une mystérieuse inscription fait l’objet de beaucoup de questions. Presque invisible dans la mosaïque de tesselles, elle interroge les archéologues : le nom de l’auteur de la mosaïque ? Le nom du propriétaire supposé de la villa ? Celui d’un général romain ?
L’étude qui va démarrer permettra de répondre à toutes ces questions.

La Région veut la rendre visible par tous
Pour être préservée, la mosaïque est enduite d'une colle puis recouverte d'un tissu © Antoine Darnaud
Pour être préservée, la mosaïque est enduite d’une colle puis recouverte d’un tissu © Antoine Darnaud

La Région est quant à elle déterminée à assurer la protection de ce riche patrimoine antique :

Notre première responsabilité est de protéger le patrimoine en assurant la préservation de la mosaïque d’Uzès. Cet ouvrage rare sera ensuite accessible à tous, sans risque, à Uzès. Je m’y engage , a déclaré la présidente Carole Delga.

La mosaïque sera entreposée à Nîmes dans les réserves de la DRAC Occitanie pour être nettoyée, étudiée et restaurée. Puis, elle regagnera Uzès pour y être effectivement présentée au public.

(*) Petit morceau de marbre, de pierre, de pâte de verre ou de céramique, matériau de base d’une mosaïque murale ou de pavement. (Larousse.)